Culture

Le bonheur au travail : parlons-en

Par Andrée-Anne Blais-Auclair 12 décembre 2019

Si vous avez déjà googlé le mot bonheur , vous aurez constaté qu’il y a clairement de l’intérêt autour du concept.


Le nombre de résultats est impressionnant, peu importe ce qui suit le mot : « bonheur dans le couple », « bonheur au travail », « bonheur : 8 astuces simples pour être heureux... »

On dira ce qu’on voudra, la recherche du bonheur nous importe tous. C’est une idée relativement nouvelle, toutefois, d’avoir le luxe de se demander si on est heureux au travail.

Bref, je ne fais pas exception, le bonheur au travail m’intrigue et j’ai pensé vous présenter le fruit de mes recherches.

Changement de cap : engagement et bonheur au travail

J’ai lu un article qui m’a marquée dans l’Actualité : Les champions du bonheur au travail. Jean-Marc Léger, président fondateur de la maison de sondage Léger, y avance qu’« auparavant, ce qu’on mesurait, c’était la satisfaction au travail; durant les cinq dernières années, c’était l’engagement au travail; et maintenant, c’est le bonheur au travail. »

En gros, on redonne au bonheur la force qui lui revient, parce que son importance est maintenant démontrée. Bonne nouvelle! 

Mais c’est quoi le bonheur au travail, finalement?

L’auteure des champions du bonheur au travail présente les emplois qui rendent le plus heureux. Saviez-vous que les coiffeuses, les courtiers immobiliers et les dentistes figurent au sommet de la liste? Ces métiers sont la promesse d’un quotidien satisfaisant, en raison de la liberté qui leur est associée et du contact avec des clients (généralement) satisfaits toute la journée. On se laisse inspirer?

L’article aborde aussi l’indice de bonheur au travail global moyen. Pour votre information, cet indice est de 72,64 sur 100 au Québec… C’est au-dessus du 60 de passage auquel l’école nous a habitués, mais reste qu’on est assez loin de la note parfaite.

Mais qu’est-ce que le bonheur au travail? Je constate qu’après une tonne de lectures, je n’arrive pas forcément à une définition unanime, répandue ou même claire. Ce que je sais toutefois, c’est ce qui l’influence.

Le bonheur au boulot : ça dépend de quoi? 

De plus en plus, les chercheurs spécialisés dans le bonheur au travail prennent conscience de l’importance de la tâche, du travail en soi

Avez-vous déjà eu un emploi ou votre rôle avait plus ou moins de sens pour vous? Ou pire, on vous a déjà attribué des tâches qui ne vous ressemblaient pas? 

Difficile d’être à son meilleur, dans ce temps-là.

Un ami à moi était surexcité et surtout, rempli de fierté d’avoir décroché un emploi dans une entreprise prisée. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, on attendait de lui qu’il fasse preuve de leadership et qu’il soit plus sociable, plus actif au sein de l’équipe. Notons qu’il avait été engagé en tant que développeur Web. Étant plus introverti, il vivait chaque journée dans cet emploi comme une quête inatteignable. Il ne se sentait ni valorisé, ni reconnu. Évidemment, l’expérience s’est soldée par ce qui peut ressembler à un échec. 

Mais devinez quoi?

Aujourd’hui, ça fait plus d’un an que ce même ami occupe un poste qui lui correspond nettement mieux, et il cumule les éloges. 

En somme, ce que je cherche à démontrer est l’importance de s’assurer que chaque personne occupe un poste qui lui correspond et qui a du sens à ses yeux. C’est aussi ce que notent les analystes de Deloitte interrogés dans l’article cité plus haut : Ils affirment que les entreprises doivent cesser de concevoir l’expérience au travail en fonction de récompenses ou d’avantages sociaux. 

Les mesures de conciliation famille-travail

Ok. On vous surprendra peut-être ici. « 55% des parents québécois seraient prêts à changer d’emploi si on leur offrait de meilleures mesures de conciliation travail-famille. » Si cette statistique ne parle pas, je ne sais pas ce qui le fera! Autre fait assez impressionnant :

La conciliation travail-famille est une source de stress importante pour 66% des parents d’enfants de 0 à 5 ans.

Ces données pour le moins choquantes sont toutes deux tirées d’un sondage réalisé par Léger.

Google, champion du bonheur au travail, a observé que « les femmes qui venaient d’avoir un enfant quittaient deux fois plus leur travail que la moyenne. » C’est pourquoi Google USA a commencé à offrir cinq mois de congé payé à 100 %, plutôt que les douze semaines habituelles.

Parfois, certains employeurs prévoient des mesures, telles que des congés de maladies pouvant être utilisés pour les enfants, mais on peut sentir que le fait de les utiliser n’est pas bien reçu. Est-ce votre réalité? Entendons-nous, si on sent que notre employeur n’approuve pas réellement une demande de congé, la culpabilité ou l’angoisse qui l’entourent peuvent être un réel obstacle.

Un mot sur le stress au travail 

Semblerait-il que le stress au travail soit l’un des pires fléaux pour les salariés. « Au Québec, près de 1 employé sur 3 (29 %) avoue, sous le couvert de l'anonymat, qu'il souffre au travail d'hyper stress, c'est-à-dire d'un stress à la fois trop élevé et chronique. » C’est ce que rapporte une étude du cabinet-conseil en ressources humaines Morneau Shepell. 

J’admets que je ne suis pas vraiment surprise. 

Dans un emploi précédent, j’étais soumise à des délais serrés et à des déploiements rapides sur une base régulière. À un certain point, je me rappelle m’être demandé pourquoi je faisais plus d’erreurs que d’habitude, et surtout, pourquoi je me sentais aussi mal.

J’avais la sensation de constamment manquer de temps pour faire ce que je mettais à l’agenda. J’appréhendais la pression au début de mes journées. Je me sentais submergée par le stress à certains moments, à un point tel que j’en étais démotivée.

Mon expérience personnelle m’a donc appris que même si j’adore mon équipe de travail et mes tâches, si le facteur stress est trop présent, il ne m’en faut pas plus pour être malheureuse au boulot. 

Comment engendrer du bonheur au travail?

Depuis que l’on sait que le bonheur au travail favorise la productivité, réduit l’absentéisme et augmente la rétention du personnel, beaucoup d’employeurs sont obsédés par cette recherche de la recette miracle. J’ai mis la main sur une étude intitulée « Le bonheur au travail, tout le monde y gagne », menée par l’entreprise Robert Half, un des leaders mondiaux en RH. Ce rapport met de l’avant certains facteurs universels qui influencent directement le bonheur des employés et qui permet leur fidélisation.

Pour vous, les employeurs

  1. Misez sur la culture d’entreprise à l’embauche : Des employés soigneusement choisis, qui correspondent à la culture de l’entreprise, ont toutes les chances de mieux s’intégrer. On dit même qu’ils deviennent productifs plus rapidement. 

  2. En-avant la responsabilisation : Selon Jacques Forest, psychologue, l’un des trois besoins psychologiques innés est l’autonomie.  Il convient donc de laisser assez de place aux employés pour qu'ils puissent prendre des décisions. Responsabiliser ses employés, c’est en fait leur démontrer qu’ils sont dignes de confiance.

  3. Offrez de la reconnaissance : Le besoin de reconnaissance est universel. La rétroaction constructive permet de s’améliorer dans son travail, tandis que le feedback positif crée un climat de travail positif et fidélise. Christine Carter, psychologue et membre du Greater Good Science Center de l’université de Californie, recommande aux employeurs et gestionnaires de féliciter les membres de leur équipe « avec sincérité et précision le plus rapidement possible. »

  4. Traitez vos employés équitablement : Les gens ont ce besoin viscéral de justice. Il n’est donc pas étonnant de lire qu’être traité équitablement est un facteur important de satisfaction pour les employés. On parle ici de fournir des informations claires quant aux politiques relatives aux salaires, aux promotions et aux projets, ou encore à la répartition des tâches. Il s’agit aussi de bien prendre en considération les besoins de chaque personne afin de traiter tous et chacun équitablement. 

Pour vous, les employés

  1. Choisissez un emploi que vous considérez utile : Semblerait-il que les salariés qui trouvent leur travail utile ont près de 2,5 fois plus de chances d’être heureux que les autres. Tel que je l’ai avancé plus tôt, cette sensation d’occuper un emploi dont la mission a du sens pour nous, qui nous donne le sentiment profond de faire une différence, est cruciale.

  2. Entretenez des relations positives au travail : Les relations positives au travail favorisent une bonne communication, la coopération et la collaboration entre les employés. Eh oui, on dit même que le fait de développer des amitiés avec ses collègues est extrêmement positif pour la motivation au travail et a pour impact significatif de contrer la solitude.

  3. Créez une bonne ambiance au boulot : Selon une enquête du magazine Jobboom, il s’agit là de « la valeur la plus importante pour les travailleurs québécois, hommes et femmes confondus. » Êtes-vous surpris?  Si l’ambiance au travail est positive et agréable, on a hâte de s’y trouver et la motivation s’en trouve accrue.


J’ai envie de terminer ce billet sur une note positive. Ici, vous êtes sans doute parvenus à trouver des pistes d’amélioration pour votre milieu de travail, si c’est ce que vous cherchiez. Sinon, peut-être avez-vous fait la lumière sur ce qui explique que vous n’êtes pas ou plus heureux dans votre milieu. Dans les deux cas, j’espère que vous avez eu autant de plaisir à lire et à poser un regard critique sur votre situation que j’en ai eu à écrire.


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