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Gestion de personnel

Qu’est-ce qu’un bon manager : 8 qualités essentielles

Par Andrée-Anne Blais-Auclair 23 février 2022

Qu’est-ce qu’un bon manager? Cette question est sur toutes les lèvres alors que bien des gestionnaires ont peine à fidéliser leur équipe.


Vous l’avez sans doute déjà entendu : les salariés ne quittent pas les entreprises, ils quittent leur manager. Je l’ai écrit dans plusieurs de mes articles, et ce n’est pas un hasard; les pratiques des gestionnaires doivent être améliorées pour lutter contre l’absentéisme et le roulement de personnel.

Quelles sont donc ces qualités qui caractérisent tout bon ou bonne manager?

  1. L’intelligence émotionnelle
  2. La capacité à communiquer
  3. L’aptitude à jongler entre les types de leadership
  4. L’introspection
  5. La gestion du stress
  6. L’ouverture d’esprit
  7. La capacité à mettre ses limites
  8. Le sens de l’organisation

Cet article approfondit ces 8 qualités essentielles pour être un bon manager et offre des pistes de réflexion et d’action pour développer ces dernières.

1. L’intelligence émotionnelle

On dit que deux tiers des résultats d’une entreprise sont liés aux compétences émotionnelles des gestionnaires. En effet,  toute prise de décision est largement influencée par les émotions. C’est pour cette raison que l’intelligence émotionnelle est l’une des qualités essentielles d’un bon manager.

En somme, cette forme d’intelligence permet au gestionnaire d’être empathique envers les membres de son équipe, de se mettre à leur place et de les considérer lors de ses décisions et de ses interactions avec eux.

Pour parvenir à développer son intelligence émotionnelle, un manager doit acquérir graduellement cinq compétences qui la composent. Les voici :

  • La conscience de soi : capacité à prendre conscience de ce qui se passe à l’intérieur;
  • La maîtrise de soi : capacité à gérer ses émotions et à les adapter aux différentes situations;
  • La motivation : regroupe les compétences émotionnelles qui permettent d’atteindre des buts, telles que l’effort, la persévérance et l’initiative par exemple;
  • L’empathie : capacité à saisir et comprendre les émotions des autres et à y être sensible;
  • La maîtrise des relations humaines : capacité à utiliser les ressources nécessaires pour entretenir des relations interpersonnelles satisfaisantes.

💡 Afin de développer votre intelligence émotionnelle, soyez à l’écoute de vos émotions, et pratiquez-vous à les exprimer aux personnes concernées. Adoptez l’écoute active lorsque vos employés s’adressent à vous et en le faisant, tentez de voir au-delà de vos jugements. 

Voici un article qui vous permettra d’aller plus loin et d’apprendre 9 trucs concrets pour développer votre intelligence émotionnelle.

2. La capacité à bien communiquer

La capacité à communiquer est l’une des qualités essentielles d’un bon manager puisqu’elle est la promesse de relations harmonieuses et satisfaisantes au sein de l’équipe de travail. Bien communiquer, c’est s’exprimer de manière efficace, authentique et bienveillante. 

D’abord, une communication efficace sous-tend de garder en tête l’objectif visé lors d’échanges, de s’assurer d’être bien compris. Une communication authentique permet au gestionnaire d’être en contact avec ce qu’il ressent, de trouver les mots justes pour l’exprimer à l’autre et de prendre le recul nécessaire pour ne pas être dominé par ses émotions. Finalement, une communication bienveillante encourage le manager à reconnaître, à nommer et à exprimer ses émotions et ses besoins, et à être à l’écoute de ceux des autres, avec respect et empathie. Ainsi, on peut dire que l’intelligence émotionnelle est intimement liée à l’aptitude à communiquer.

💡 Pour mieux communiquer au travail, choisissez le bon lieu et le bon moment, et surtout, préparez vos échanges. Aussi, accordez autant d’importance à l’écoute de l’autre qu’à ce que vous avez à dire. On dit qu’une personne qui sait communiquer est aussi adroite pour s’exprimer que pour écouter. C’est d’autant plus vrai pour un manager face à ses employés. Finalement, placez l’empathie au cœur de vos échanges, vous ne savez jamais ce que c’est que d’être à la place de l’autre. 

Lisez un article qui propose 10 trucs pour mieux communiquer au travail.

3. L’aptitude à jongler entre les types de leadership

Le leadership est traité comme le Saint Graal du management. C’est en partie vrai. Le leadership est une arme puissante, mais c’est en apprenant à exploiter les forces de chacun des types de leadership, aussi appelés styles de gestion, que le gestionnaire saura tirer son épingle du jeu en toutes circonstances. 

Le gestionnaire qui sait être un leader visionnaire au moment de présenter un nouveau projet à ses employés, et porter le chapeau du leader coach pendant une rencontre d’évaluation individuelle a une longueur d’avance sur les autres. Il aura plus de facilité à fédérer son équipe, à guider ses employés, et à développer un puissant sentiment d’appartenance chez eux. L’adaptation est maîtresse ici.

Voici donc les six principaux styles de leadership à adopter en management :

  • Le style de leadership visionnaire : la vision et la mission priment et donnent un sens aux actions;
  • Le style de leadership bienveillant : les relations égalitaires entre le gestionnaire et les employés sont privilégiées;
  • Le style de leadership participatif : la force collective et le travail d’équipe sont à l’honneur;
  • Le style de leadership coach : le développement du plein potentiel de chacun  est la priorité, tant d’un point de vue personnel que professionnel;
  • Le style de leadership chef de file : les actions sont orientées autour de l’efficacité et de l’accomplissement de la tâche;
  • Le style de leadership autoritaire : les ordres sont dictés et les demandes ne sont pas justifiées.

💡 Pour apprendre à valser entre les divers styles de gestion, la première étape est de connaître votre style dominant, celui qui prend naturellement le dessus. En parallèle, éduquez-vous sur les forces et les faiblesses de chacun des styles afin de choisir consciemment le plus approprié selon le contexte.

Pour ce faire, voici un article qui s’attarde aux forces et aux faiblesses de chacun des styles de leadership à adopter en management, proposés plus haut.

4. L’introspection

L’introspection est une qualité essentielle du bon manager puisque c’est une condition indispensable à l’apprentissage et au développement de soi.

L’introspection est l’action de se poser des questions afin de comprendre les motivations et les raisons derrière ses propres actions.

Cet acte réflexif inclut la capacité à identifier ses forces et ses faiblesses, à mettre des mots sur ses émotions et à poser un regard analytique sur ses erreurs.

Une étude a été menée par des chercheurs d’Harvard sur le rôle de l’introspection dans l’apprentissage individuel. Il a été observé que les employés qui avaient pris 15 minutes chaque soir pour prendre du recul sur leur journée et réfléchir aux leçons à tirer étaient près de 25 % plus performants que leurs collègues après 10 jours.

💡 Pour développer votre capacité d’introspection, réservez-vous un moment chaque jour pour poser un regard rétrospectif et critique sur votre journée. Un cahier dans lequel noter les apprentissages du jour peut être un outil fort utile. Vos notes vous permettront de voir l’évolution de vos réflexions et les apprentissages réalisés.

5. La gestion du stress 

Lorsqu’il est mal géré, le stress constitue un obstacle important à la gestion d’employés. Des études révèlent même que le stress diminue de 20 % la performance, nuit à la prise de décision et se transfert aux personnes avec lesquelles une personne stressée interagit.

J’ai déjà fait partie d’une équipe dans laquelle le manager ne savait pas gérer son stress. Il perdait toute crédibilité lorsque cette émotion l’envahissait; il prenait des décisions impulsives et s’emportait avec ses employés. Non seulement son équipe perdait graduellement confiance en lui, mais ses employés se méfiaient et craignaient aussi ses réactions explosives.

Savoir gérer son stress permet de demeurer en contrôle et d’inspirer confiance malgré tout. La bonne gestion du stress donne aussi au gestionnaire la capacité de rassurer ses employés, en dépit des obstacles. 

💡 Pour savoir gérer son stress au travail, chacun développe ses propres stratégies. Toutefois, un conseil général ressort de toutes les recherches : l’hygiène de vie y est pour beaucoup. Parmi les facteurs qui exercent une grande influence sur la capacité à gérer adéquatement le stress au travail se trouvent : un nombre suffisant d’heures de sommeil, une consommation de caféine modérée, de l’activité physique et du temps passé dehors chaque jour.

6. L’ouverture d’esprit

L’ouverture d’esprit est essentielle à la remise en question des pratiques de gestion – et donc à l’évolution – d’un manager. Elle permet aussi d’accueillir le changement et d’inspirer aux autres l’envie d’en faire autant (et la confiance qu’ils y arriveront).

Être ouvert d’esprit favorise l’innovation, l’apprentissage, une meilleure compréhension de ses employés et une meilleure gestion des situations difficiles, et ce, avec une perspective plus complète.

💡 Pour développer votre ouverture d’esprit, cultivez d’abord votre curiosité. Pour ce faire, demeurez informé des nouveautés dans votre domaine d’activité et soyez à l’écoute des autres. Vous découvrirez rapidement que vos employés et collaborateurs ont beaucoup à vous apprendre.

7. La capacité à mettre ses limites

Les limites personnelles, professionnelles et organisationnelles ont un pouvoir sous-estimé. Elles ont malheureusement mauvaise presse : on croit à tort que mettre des limites est synonyme de rigidité ou de sévérité mal placée. Et c’est compréhensible, personne n’aime se faire dire non.

Un gestionnaire doit pourtant apprendre à mettre ses limites au travail, pour deux raisons principales : éviter l’épuisement et montrer aux employés que respecter ses limites est tout à fait acceptable, voire attendu au travail. Le manager ou l’employé qui dit oui à tout, tout le temps, court à sa perte.

Une personne qui met ses limites inspire confiance et solidité car elle montre qu’elle sait respecter ses besoins et s’affirmer.

Quelques exemples de limites :

  • Limites personnelles : Ne pas répondre aux courriels le soir ou la fin de semaine, ne pas communiquer avec votre équipe sur Facebook, décrocher complètement quand vous êtes en vacances. Par exemple, sur notre application de gestion d’employés Agendrix, il existe un outil de messagerie qui permet d’encadrer les communications au sein de l’équipe de travail afin qu’elles n’aient pas lieu sur les réseaux sociaux ou par textos.
  • Limites de temps : Dans les rencontres ou pendant les quarts de travail, être alerte aux pertes de temps et savoir rappeler les contraintes de temps.
  • Limites de rôles : Savoir clarifier les responsabilités inhérentes à chaque rôle, être apte à nommer et à distinguer les attentes envers le gestionnaire ou les employés.
  • Limites organisationnelles : Nommer clairement les règles de conduite et valider qu’elles sont bien comprises et respectées par l’ensemble des individus concernés.

💡 Pour apprendre à mettre vos limites plus aisément, la première étape est d’apprendre à les reconnaître. Ensuite, un exercice d’introspection vous permettra de comprendre pourquoi ces limites sont importantes pour vous. Comment vous sentez-vous quand certaines de ces limites ne sont pas respectées? Gardez cette émotion en tête et pratiquez-vous à nommer vos limites lorsque la situation se présente. Pour une marche à suivre plus élaborée, lisez notre article Au travail : apprendre à mettre ses limites.

8. Le sens de l’organisation

Le sens de l’organisation est une qualité essentielle du manager. Il permet d’optimiser le travail d’équipe et la performance de ses employés.

Le sens de l’organisation englobe toutes les aptitudes relatives à la planification, au respect des échéances, à la gestion du temps et à la distinction des priorités, tâches essentielles à tout poste de gestion.

Le sens de l’organisation est par ailleurs un atout pour n’importe quel employé, et le manager a le pouvoir de partager ses connaissances en ce sens au reste de son équipe.

💡 Pour développer votre sens de l’organisation, apprivoisez d’abord deux choses : la gestion de votre temps et la capacité à prioriser. Une saine gestion de votre temps passe par diverses aptitudes, dont celle à cerner les priorités et les urgences. Le meilleur truc que je connaisse en la matière est la matrice d’Eisenhower, qui divise en quatre quadrants les tâches selon leur degré d’importance et d’urgence. Nous vous proposons aussi 9 trucs pour mieux gérer votre temps au travail, à commencer par les listes, en passant par la gestion des distractions.

Graphique de la matrice d'Eisenhower qui représente les divers priorités dans la gestion du stress

Être un bon manager, c’est être un gestionnaire humain

Cet article aurait pu approfondir encore 20 qualités qui représentent des atouts pour un gestionnaire. Vous remarquez pourtant que je n’ai sélectionné que les 8 qualités essentielles d’un bon manager, et il s’agit majoritairement d’attributs d’un gestionnaire qu’on pourrait qualifier d’humain.

Car je suis persuadée que c’est comme ça que le gestionnaire de demain se distinguera.


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