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Convention de partage des pourboires au Québec : guide pratique pour restaurants et bars

Sarah Busque
Publié le 29 Avr 2026
Illustration d'employés de restauration répartissant des pourboires dans un bocal géant, évoquant une convention de partage des pourboires.
Illustration d'employés de restauration répartissant des pourboires dans un bocal géant, évoquant une convention de partage des pourboires.
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Points clés
  • Au Québec, le pourboire appartient à l’employé qui a rendu le service. L’employeur ne peut pas le retenir, ni en imposer le partage.
  • Une convention de partage des pourboires doit être initiée et approuvée par les employés eux-mêmes, à majorité (50 % + 1).
  • La convention peut être verbale ou écrite, mais doit préciser les pourcentages, la fréquence de versement, les postes inclus et la personne responsable.
  • Des outils comme Agendrix permettent d’automatiser le calcul et la distribution des pourboires directement depuis les feuilles de temps.

Vous voulez mettre en place une convention de partage des pourboires dans votre restaurant? Voici les règles à respecter, les pièges à éviter et comment simplifier la gestion au quotidien.

Table des matières

Selon l’Association Restauration Québec (ARQ), les pourboires représentent entre 60 % et 70 % de la rémunération globale des employés en restauration au Québec. Pour une serveuse ou un barman, ce n’est pas un extra : c’est une part essentielle de ce qu’ils ramènent à la maison chaque semaine.

C’est précisément pourquoi la question du partage des pourboires en restauration est aussi délicate. Mal gérée, elle devient une source de tension entre l’équipe de service et la cuisine, de plaintes à la CNESST et de roulement de personnel qui pourrait être évité.

Bien encadrée, la gestion du partage des pourboires peut renforcer la cohésion d’équipe et améliorer les conditions de travail pour l’ensemble de l’équipe.

Qu’est-ce qu’une convention de partage des pourboires?

Une convention de partage des pourboires est une entente entre les employés d’un établissement pour redistribuer, en tout ou en partie, les pourboires reçus par les uns vers les autres.

Au Québec, cette entente repose sur un principe clair : seuls les employés peuvent l’initier et en définir les règles. L’employeur ne peut pas l’imposer, même s’il peut en parler avec son équipe.

La convention peut être verbale ou écrite. En pratique, une convention écrite est fortement recommandée. Cela évite les malentendus, sert de référence en cas de litige et démontre le consentement de tous.

Pour être valide, elle doit contenir les éléments suivants :

  • Le pourcentage des pourboires consenti (la totalité ou une partie seulement)
  • Les postes ou catégories d’employés inclus dans le partage
  • La méthode de calcul (par heures travaillées, par rôle, ou autre)
  • La fréquence des versements (à chaque quart, à la semaine, à la paie)
  • La durée de la convention
  • La personne responsable d’effectuer la redistribution

Le cadre légal au Québec pour le partage des pourboires

La CNESST est sans équivoque : le pourboire appartient à la personne qui a rendu le service, quel que soit son salaire ou le type de service.

L’employeur ne peut pas :

  • Retenir des pourboires
  • Imposer un système de partage
  • Intervenir dans l’établissement ou la modification d’une convention

L’employeur peut, par contre, informer ses employés de l’existence du modèle de convention disponible sur le site de la CNESST. C’est là que s’arrête son rôle.

La règle du 50 % + 1

Pour qu’une convention de partage des pourboires soit valide, la majorité des employés concernés doit y consentir librement, soit au moins 50 % + 1 des travailleurs qui ont droit aux pourboires dans l’établissement.

Ce consentement doit être libre et volontaire. Un employé qui se sent pressé ou menacé peut déposer une plainte à la CNESST, ce qui pourrait annuler la convention et exposer l’employeur à des conséquences sérieuses.

En 2024 seulement, la CNESST a reçu 331 plaintes de travailleurs contestant des pratiques illégales liées aux pourboires. (Radio-Canada, février 2025)

Un changement qui influence les pourboires reçus

Depuis le 7 mai 2025, la loi 72 oblige les établissements à afficher les suggestions de pourboires sur les terminaux de paiement avant les taxes, et non après. Les descriptions émotionnelles comme « Très bon service » sont d’ailleurs interdites sur les terminaux.

Concrètement, certains restaurateurs ont observé une baisse du montant moyen des pourboires depuis cette date. Ce changement de contexte rend la question du partage des pourboires encore plus sensible pour les équipes concernées.

Équipe de service vs cuisine : la tension la plus fréquente

C’est le point de friction classique en restauration.

Un employé de service gagne en moyenne 38,63 $/h en incluant les pourboires, contre 21,91 $/h pour un cuisinier spécialisé selon les données de l’ARQ.

La cuisine contribue directement à l’expérience client et, donc, à la somme des pourboires reçus. Beaucoup d’équipes de service le reconnaissent. Le problème n’est pas l’idée de partager les pourboires, c’est souvent l’absence de règles claires pour l’encadrer.

Voici quelques modèles communs :

  • Partage par pourcentage des ventes. Les serveurs mettent en commun un pourcentage fixe de leurs ventes totales, redistribué à la cuisine selon les heures travaillées pendant le quart. Ce modèle est prévisible et facile à calculer.
  • Partage par mise en commun. Tous les pourboires d’un service vont dans un pot, puis sont redistribués selon un barème défini par les employés (ex. : 60 % service, 40 % cuisine).
  • Partage partiel avec plancher. Les serveurs conservent un minimum garanti de leurs pourboires (ex. : 80 %) et partagent le reste. Ce modèle préserve l’incitatif individuel à bien servir.

Quel que soit le modèle choisi, l’important est que les règles soient connues, comprises et acceptées par tous avant d’entrer en vigueur dans un établissement.

Le partage des pourboires, simplifié.

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Comment mettre en place une convention de partage des pourboires en 5 étapes

1. Informez votre équipe, sans pression

Expliquez le contexte honnêtement. Pourquoi l’idée est sur la table. Ce que ça changerait concrètement pour chacun. Soyez transparent sur l’écart financier service/cuisine si c’est la raison.

Donnez du temps pour réfléchir à vos employés. Une réunion d’équipe, quelques jours pour poser des questions : c’est le minimum pour que le consentement soit réel et non forcé.

2. Laissez les employés définir les règles

C’est leur convention, pas la vôtre. Proposez un cadre de départ (modèle de la CNESST, barème suggéré), ils vont décider des pourcentages, des postes inclus et de la fréquence.

Si votre équipe veut que les commis débarrasseurs (busboys) soient inclus, c’est possible. Si elle veut exclure les apprentis en période d’essai, c’est aussi leur droit.

3. Obtenez le consentement formel à 50 % + 1

Faites signer ou faites confirmer par écrit la convention de partage. Conservez-en une copie. La CNESST met à disposition un modèle de convention que vous pouvez utiliser comme base.

4. Désignez un responsable de la redistribution

Cette personne est chargée de calculer et de verser les montants selon les règles établies. Définissez clairement ce rôle dans la convention pour éviter les ambiguïtés.

Mettre en place un outil de partage des pourboires peut faciliter le tout : la personne responsable n’a qu’à réviser le tout avant que les montants ne soient envoyés vers la paie.

5. Révisez la convention régulièrement

Les équipes changent. Les volumes de pourboires aussi. Prévoyez une révision annuelle ou à chaque changement important dans l’équipe, par exemple en début d’été si c’est votre période à fort achalandage.

✅ Questions à se poser avant d’adopter une convention de partage des pourboires

  • Qui est concerné? (postes inclus ou exclus)
  • Quel pourcentage est redistribué?
  • Comment calcule-t-on la part de chacun (heures travaillées, rôle, ventes)?
  • Qui est responsable de la distribution et à quelle fréquence?
  • Quels sont les critères pour modifier ou annuler la convention?
  • Comment documente-t-on les montants versés?
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Les pièges à éviter en tant que gestionnaire

Imposer ou influencer de façon excessive. Même si c’est subtil, un employé qui se sent contraint peut porter plainte. Si la convention est annulée suite à une plainte, vous repartez de zéro, avec une équipe probablement moins engagée.

Laisser la convention floue. Une entente verbale peut fonctionner dans une très petite équipe stable, mais elle devient source de conflits dès qu’il y a du roulement ou des malentendus sur les montants.

Oublier la transparence sur les montants. Si les employés ne voient pas les calculs, la confiance s’érode. Qui a mis quoi dans le pot? Qui a reçu quoi? Ces questions doivent avoir des réponses claires.

Automatiser la gestion des pourboires avec les bons outils

La gestion manuelle du partage des pourboires se fait souvent avec des notes sur papier, des calculs dans Excel et des discussions animées à la fin d’un service bien occupé. Et des erreurs qui finissent par se rendre à la paie.

Avec l’outil de gestion des pourboires d’Agendrix, les employés inscrivent leurs pourboires directement dans leur feuille de temps. L’application applique automatiquement les règles de distribution définies et génère un rapport clair pour la paie.

Aperçu de la gestion de pourboires dans l'application Agendrix.

 

Tout est centralisé au même endroit : horaires, pointage, feuilles de temps et pourboires. À la fin du quart, chaque employé voit ce qui lui revient. Et vous, vous exportez vers votre logiciel de paie en un clic, via les intégrations disponibles (Nethris, QuickBooks, Acomba, Ceridian Powerpay et plusieurs autres).

👉 Agendrix offre aussi une calculatrice Excel gratuite de partage des pourboires si vous souhaitez tester vos barèmes avant de les officialiser avec votre équipe.

Vers un équilibre qui fidélise votre équipe

Une convention de partage des pourboires bien construite, c’est plus qu’une obligation légale. C’est un signal envoyé à votre équipe que les contributions des équipes de service et de cuisine sont tout autant importantes et reconnues, que la transparence fait partie de votre culture et que vous gérez votre établissement sérieusement.

Une convention de partage des pourboires bien faite ne règle pas tout, mais elle envoie un message clair : ici, on joue collectif.

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Qu'est-ce qu'une convention de partage des pourboires?

C’est une entente entre les employés d’un établissement pour redistribuer une partie ou la totalité des pourboires reçus vers d’autres travailleurs. Elle doit être initiée par les employés eux-mêmes et approuvée à majorité (50 % + 1). La CNESST met à disposition un modèle pour faciliter sa rédaction.

L'employeur peut-il imposer le partage des pourboires?

Non. En vertu de l’article 50 de la Loi sur les normes du travail, l’employeur ne peut ni retenir des pourboires ni imposer leur partage. Il peut en parler avec ses employés, mais la décision et les règles appartiennent exclusivement à l’équipe.

Doit-on mettre la convention de partage des pourboires par écrit?

La loi accepte les conventions verbales, mais une convention écrite est fortement recommandée. Cela évite les malentendus, précise les règles pour tous et constitue une preuve de consentement en cas de litige ou de vérification par la CNESST.

Comment répartir les pourboires équitablement entre les équipes de service et de cuisine?

Il n’existe pas de formule unique. Les équipes utilisent généralement l’un de ces modèles : un pourcentage des ventes totales, une mise en commun redistribuée selon les heures travaillées, ou un barème par rôle. L’important est que la méthode soit comprise et acceptée par tous avant d’entrer en vigueur.

Les cuisiniers peuvent-ils recevoir des pourboires?

Oui, si une convention de partage des pourboires l’établit expressément. Les cuisiniers ne reçoivent pas de pourboires directement des clients, mais ils peuvent être inclus dans une convention initiée par les employés en salle.

Que se passe-t-il si un employé ne consent pas à la convention?

Si la majorité requise (50 % + 1) n’est pas atteinte, la convention ne peut pas entrer en vigueur. Un employé qui se sent forcé peut déposer une plainte à la CNESST, ce qui peut mener à l’annulation de la convention et exposer l’employeur à des conséquences.

Comment calculer le partage des pourboires par quart de travail?

La méthode la plus courante consiste à diviser le total des pourboires de la soirée selon les heures travaillées par chaque employé admissible pendant ce quart. Certains établissements pondèrent aussi par le rôle (ex. : un serveur reçoit plus qu’un commis débarrasseur). Ces règles doivent être définies dans la convention.

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