Infolettre
Gestion d'entreprise
20 min.

Gestion de la paye au Québec : le guide complet pour les PME en 2026

Sarah Busque
Publié le 10 Juin 2026
Gestionnaire et employée d'une boutique de vêtements discutent au comptoir, avec des indicateurs de gestion de la paie validés à l'écran
Gestionnaire et employée d'une boutique de vêtements discutent au comptoir, avec des indicateurs de gestion de la paie validés à l'écran
Résumer avec
ChatGPT
Claude
Grok
Perplexity
Points clés
  • Avant la première paye : ouvrez un compte de retenues à la source à Revenu Québec et un compte RP à l’ARC et obtenez le NAS, le TP-1015.3 et le TD1 de chaque employé.
  • À chaque période : calculez le brut, prélevez RRQ, RQAP, AE et impôt, versez le net, remettez les retenues aux deux agences.
  • Taux 2026 : RRQ 6,30 % jusqu’à 74 600 $ (puis 4 % jusqu’à 85 000 $), RQAP 0,430 % jusqu’à 103 000 $, AE 1,30 % jusqu’à 68 900 $.
  • Échéances clés : pénalités de retard de 3 % à 10 %, relevés 1 et T4 dus le dernier jour de février, RE dans les 5 jours suivant la fin de la période de paye où la rémunération est interrompue.

Vous prenez en main la paye de votre PME pour la première fois? Ce guide vous accompagne dans tout le processus, avec des explications claires pour les taux 2026 du RRQ, du RQAP, de l’AE et de l’impôt. Vous saurez exactement quoi retenir, quand verser à Revenu Québec et à l’ARC et comment garder vos dossiers en règle.

Table des matières

Ce guide couvre la paye au Québec. Le Québec gère son propre système de paye en parallèle du système fédéral, ce qui veut dire que vous composez avec deux agences plutôt qu’une : Revenu Québec pour le volet provincial et l’Agence du revenu du Canada (ARC) pour le volet fédéral. Même si le Québec a son propre régime, vous n’échappez pas au fédéral : des retenues comme l’assurance-emploi et l’impôt fédéral vont toujours à l’ARC.

Côté régimes publics, vos employés cotisent au Régime de rentes du Québec (RRQ) et non au Régime de pensions du Canada (RPC) qui s’applique partout ailleurs au pays. S’ajoutent deux régimes d’assurance distincts : le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) pour les congés parentaux et l’assurance-emploi (AE) pour la perte d’emploi et certaines autres situations (maladie, proche aidant).

En fin d’année, chaque employé reçoit deux relevés : le relevé 1 (provincial) et le T4 (fédéral).

Ce que la gestion de la paye au Québec implique vraiment

Gestionnaire de commerce créant un horaire de travail

La paye au Québec, c’est l’ensemble du processus légal et financier qui consiste à payer vos employés, à prélever les retenues obligatoires sur leur rémunération (RRQ, RQAP, AE, impôt fédéral et provincial), à verser ces retenues à Revenu Québec et à l’ARC, puis à tout déclarer à la fin de l’année sur un relevé 1 et un T4.

À chaque période de paye, vous enchaînez cinq étapes, dans cet ordre :

  1. Récolter les heures à partir de votre horaire et de vos feuilles de temps, plus les règles de paye de chaque employé (taux, primes, changements de statut).
  2. Calculer la rémunération brute : heures régulières, heures supplémentaires, vacances, primes, avantages imposables, dépenses remboursables.
  3. Prélever les retenues obligatoires selon les taux en vigueur de Revenu Québec et de l’ARC.
  4. Payer le net à l’employé et lui remettre un bulletin de paye.
  5. Verser les retenues et les cotisations de l’employeur à Revenu Québec et à l’ARC, selon les fréquences qui vous sont assignées.

Avant même de commencer : les données doivent être bonnes

La plupart des problèmes de paye ne sont pas des problèmes de paye. Ce sont des problèmes de données en amont, qui finissent par sortir dans la paye.

Un logiciel de paye, ça ne fait que reprendre les chiffres que vous lui donnez. Si vos heures sont approximatives et que vos règles de paye sont juste dans votre tête, ce qui en sort sera faux, peu importe l’outil. Des données erronées donnent une paye erronée.

Un processus de paye sain suit une certaine logique :

  • L’horaire : qui doit travailler, quand, dans quel poste, à quel taux.
  • Les feuilles de temps : qui a vraiment travaillé, à quelle heure l’arrivée et le départ ont été pointés, avec les pauses comptabilisées.
  • L’approbation : un gestionnaire révise et confirme les heures travaillées, incluant le temps supplémentaire et les primes.
  • L’exportation vers la paye : les heures approuvées passent directement dans un calculateur de paye, sans ressaisie manuelle. Ce dernier point compte plus qu’il en a l’air. C’est en retapant les heures à la main qu’on se trompe et qu’on finit par perdre du temps et de l’argent à corriger après coup. Faites passer vos heures directement de votre logiciel d’horaires à la paye : pas de ressaisie, pas d’erreur. Si vous gérez encore vos feuilles de temps dans Excel, la première amélioration à faire est en amont de la paye, pas dans la paye elle-même.
Interface d'une feuille de temps avec une pointeuse sur tablette

Besoin de suivre les heures de travail?

Vos employés pointent, et Agendrix remplit automatiquement leurs feuilles de temps.

Découvrez Agendrix

Étape 1 : Inscrivez-vous auprès de Revenu Québec et de l’ARC

Avant d’émettre une seule paye, vous devez ouvrir deux comptes : un compte de retenues à la source auprès de Revenu Québec et un compte de programme de retenues sur la paye (RP) auprès de l’ARC. Ce sont deux inscriptions distinctes, à deux paliers différents.

Côté Revenu Québec : vous vous inscrivez en ligne dans Mon dossier pour les entreprises, par téléphone ou en remplissant le formulaire LM-1. Revenu Québec vous attribue un numéro d’identification et vous classe selon une fréquence de paiement, en se basant sur votre retenue mensuelle moyenne (RMM).

Côté ARC : vous ouvrez un compte RP rattaché à votre numéro d’entreprise (NE) à 9 chiffres, ce qui vous donne un numéro à 15 caractères du type 123456789RP0001. Si vous avez déjà un NE pour la TPS/TVH ou l’impôt des sociétés, vous ne faites qu’ajouter le compte RP.

Si votre entreprise n’a pas encore de numéro d’entreprise du Québec (NEQ), vous l’obtenez auprès du Registraire des entreprises du Québec au moment de votre immatriculation, en amont de votre inscription à Revenu Québec.

Inscrivez-vous au moins quelques semaines avant la première paye. Attendre au jour J, c’est la recette pour payer vos employés de votre poche et tenter de régulariser après coup.

Étape 2 : Recueillez les bons documents auprès de chaque employé

Pour chaque employé qui entre dans votre paye, vous avez besoin de trois éléments au dossier avant son premier chèque :

  • Numéro d’assurance sociale (NAS). Vérifiez la carte ou le document officiel, ne vous fiez pas à un numéro pris sur un CV. Les NAS qui commencent par 9 sont temporaires : ils indiquent que le travailleur n’est ni citoyen ni résident permanent et qu’il doit détenir un permis de travail valide. Vous devez vérifier la date d’expiration du NAS et du permis et cesser d’employer la personne dès que l’un ou l’autre est échu.
  • Formulaires de retenue d’impôt, fédéral et provincial. Le TD1 fédéral et le TP-1015.3 du Québec déterminent l’impôt à retenir. Sans ces formulaires, vous appliquez par défaut le montant personnel de base (18 952 $ au Québec, 16 452 $ au fédéral en 2026), ce qui mène généralement à une retenue trop élevée.
  • Renseignements bancaires ou spécimen de chèque. Requis si vous payez par dépôt direct, ce qui est la norme aujourd’hui. Conservez ces documents, car Revenu Québec et l’ARC peuvent demander vos dossiers de paye jusqu’à six ans en arrière.

Un mot sur les bases qui sautent souvent : le contrat de travail doit préciser le taux de salaire, la fréquence de paye et la province d’emploi. Cette dernière est importante, car le salaire minimum varie d’une province à l’autre, tout comme les normes sur les jours fériés, les heures supplémentaires et les vacances.

Vous cherchez une façon simple de recueillir et de conserver toutes ces informations? Le module SIRH d’Agendrix vous permet de partager, demander et recevoir des documents et des signatures électroniques. Tout reste accessible dans le dossier de chaque employé.

Les entreprises en croissance dépassent vite les feuilles Excel.

Agendrix SIRH centralise tout dans une base sécurisée et fiable qui évolue avec votre entreprise.

En savoir plus

Étape 3 : Choisissez votre fréquence de paye

La fréquence de paye, c’est le rythme auquel vous payez vos employés. Quatre formules sont courantes au Québec :

  • Hebdomadaire (52 périodes par année). Très répandue en restauration, en construction et dans les milieux à forte proportion d’employés payés à l’heure.
  • Aux deux semaines (26 périodes). C’est la fréquence par défaut pour la majorité des PME québécoises. Deux fois par année, il y a un mois à trois payes, ce qui peut être un casse-tête de budget ou un petit bonus, selon votre point de vue.

🧑‍⚖️La Loi sur les normes du travail oblige à payer au moins tous les 16 jours, ce qui laisse l’hebdomadaire et l’aux deux semaines comme seules vraies options au Québec. La paie bimensuelle (le 15 et le dernier jour du mois) est permise, mais rare ici et mal adaptée aux employés payés à l’heure, parce qu’une semaine de travail se retrouve coupée entre deux payes.

Étape 4 : Calculez la rémunération brute de la période

La rémunération brute, c’est tout ce que l’employé gagne avant retenues. Pour un employé à l’heure, la formule est simple, mais chaque ligne ci-dessous doit être documentée :

  • Heures régulières au taux régulier.
  • Heures supplémentaires au taux majoré (1,5 fois le taux régulier au-delà de la semaine normale de travail, qui est de 40 heures dans la plupart des secteurs). Certaines exceptions sectorielles s’appliquent : 44 heures dans le gardiennage, 47 heures en exploitation forestière et en scierie, 55 heures dans les endroits isolés et sur le territoire de la Baie-James. Les cadres supérieurs et certaines catégories d’employés (étudiants en colonie de vacances, certains travailleurs agricoles, etc.) sont exclus de la majoration.
  • Indemnité de jour férié, calculée selon la formule prévue à la Loi sur les normes du travail.
  • Indemnité de vacances (4 % du salaire brut avant 3 ans de service continu, 6 % à partir de 3 ans), versée à chaque paye ou accumulée puis payée.
  • Primes et majorations (soir, fin de semaine, sur appel).
  • Avantages imposables (assurance maladie collective payée par l’employeur, stationnement, assurance vie collective, usage personnel d’un véhicule d’entreprise, etc.).
  • Pourboires, dans les secteurs réglementés. Les règles varient selon le secteur et la formule de partage; si vous gérez un restaurant, consultez les règles particulières du Québec sur les pourboires.
  • Pour un employé salarié, la rémunération brute par période, c’est le salaire annuel divisé par le nombre de périodes de paye, plus tous les mêmes éléments (avantages imposables, primes, vacances payées, bonis).

C’est ici que des feuilles de temps fiables font la plus grande différence. Si le total d’heures est erroné à cette étape, tous les calculs suivants le seront aussi et vous ne le verrez que lorsque l’employé remarquera une erreur sur sa paye. La bonne application de gestion du temps élimine le risque de double saisie.

Étape 5 : Calculez les retenues obligatoires

Au Québec, cinq retenues sortent de chaque paye : RRQ, RQAP, AE, impôt fédéral et impôt provincial. Aucune n’est facultative, aucune n’est négociable, toutes sont sous votre responsabilité en tant qu’employeur.

Aperçu des taux 2026 et des échéances

Élément Valeur 2026
Taux RRQ (employé et employeur, chacun) 6,30 % sur les gains entre 3 500 $ et 74 600 $
Taux RRQ 2e supplémentaire (chacun) 4,00 % sur les gains entre 74 600 $ et 85 000 $
Taux RQAP (employé) 0,430 % jusqu’à 103 000 $
Taux RQAP (employeur) 0,602 % jusqu’à 103 000 $
Taux AE (employé, Québec) 1,30 % jusqu’à 68 900 $
Taux AE (employeur, Québec) 1,82 % jusqu’à 68 900 $
Échéance relevé 1 et T4 Dernier jour de février
Échéance RE (RE Web, paye hebdo, deux semaines ou bimensuelle) 5 jours après la fin de la période de paye
Pénalité de remise tardive 3 % à 10 % selon le nombre de jours de retard
Seuil de transmission Internet obligatoire (relevés 1) 6 relevés ou plus
Seuil de transmission Internet obligatoire (T4) 6 relevés ou plus

Régime de rentes du Québec (RRQ et 2e cotisation supplémentaire)

Le RRQ s’applique aux gains au-dessus de 3 500 $ par année, jusqu’à un plafond

Détail RRQ (2026) Montant
Exemption (aucune cotisation en dessous) 3 500 $
Taux (employé et employeur, chacun) 6,30 %
Plafond des gains cotisables 74 600 $
Cotisation maximale par année (employé) 4 479,30 $

 

Vous retenez le RRQ sur la paye de l’employé et vous versez le même montant comme employeur. Les deux vont à Revenu Québec ensemble. Pour les employés qui gagnent plus de 74 600 $, une 2e cotisation de 4 % s’ajoute sur la tranche jusqu’à 85 000 $ (maximum 416 $).

Régime québécois d’assurance parentale (RQAP)

Le RQAP couvre les prestations de maternité, de paternité, parentale et d’adoption. Il existe seulement au Québec et ses cotisations sont perçues par Revenu Québec.

Détail RQAP (2026) Montant
Maximum de revenus assurables 103 000 $
Taux RQAP employé 0,430 %
Taux RQAP employeur 0,602 %
Cotisation maximale annuelle de l’employé 442,90 $
Cotisation maximale annuelle de l’employeur 620,06 $

 

Les taux du RQAP ont diminué de 13 % au 1er janvier 2026.

Assurance-emploi (AE)

L’AE est un programme fédéral, géré par l’ARC, qui couvre les prestations de chômage. Comme le RQAP couvre déjà la maternité, la paternité, le parental et l’adoption au Québec, le taux d’AE applicable aux employés québécois est réduit par rapport au reste du Canada.

Détail AE (2026, Québec) Montant
Maximum des gains assurables 68 900 $
Taux AE employé (Québec) 1,30 %
Taux AE employeur (Québec, 1,4 × employé) 1,82 %
Cotisation maximale annuelle de l’employé 895,70 $
Cotisation maximale annuelle de l’employeur par employé 1 253,98 $

 

Hors Québec, les taux AE 2026 sont de 1,63 % (employé) et 2,28 % (employeur), parce que la maternité et le parental sont alors couverts par l’AE plutôt que par le RQAP.

Impôt fédéral et impôt du Québec

L’impôt est la retenue qui comporte le plus de variables. Elle dépend des formulaires TD1 (fédéral) et TP-1015.3 (Québec) signés par l’employé, du montant brut de la période et de la province d’emploi (et non de la province de résidence).

Vous avez deux outils raisonnables pour le calculer :

  • Côté Québec : le logiciel WebRAS de Revenu Québec ou les tables TP-1015.TI. WebRAS est gratuit et calcule à la fois la retenue d’impôt du Québec, le RRQ et le RQAP.
  • Côté fédéral : le Calculateur en direct de retenues sur la paye (CDRP) de l’ARC. Gratuit. Il calcule l’impôt fédéral et l’AE pour les employés du Québec.
  • Un logiciel de paye. Tout produit de paye canadien sérieux intègre les taux des deux paliers et les met à jour automatiquement. Si vous magasinez vos options, notre comparatif des meilleurs logiciels de paye au Québec passe en revue les principaux joueurs. La province d’emploi compte pour les employés à distance. Si vous gérez une entreprise québécoise et que votre employé travaille en Ontario, vous retenez l’impôt de l’Ontario, pas celui du Québec. À l’inverse, un employeur ontarien qui embauche un employé travaillant au Québec doit ouvrir un dossier à Revenu Québec et appliquer la retenue québécoise.

Un exemple concret

Préposée aidant un bénéficiaire à déshériter sa fille indigne

Sophie gagne 52 000 $ par année, travaille à Montréal et est payée aux deux semaines (26 périodes). Elle n’a aucun avantage imposable et son TP-1015.3 et son TD1 ne déclarent que le montant personnel de base. Voici à quoi ressemble une de ses payes :

Ligne Montant
Rémunération brute (52 000 $ ÷ 26) 2 000,00 $
Cotisation RRQ (voir calcul ci-dessous) 117,52 $
Cotisation RQAP (2 000 $ × 0,430 %) 8,60 $
Cotisation AE (2 000 $ × 1,30 %) 26,00 $
Impôt fédéral (estimation, tables 2026) 135 $
Impôt du Québec (estimation, tables 2026) 150 $
Paye nette 1 563 $

 

Les montants d’impôt sont indicatifs. Utilisez WebRAS et le CDRP pour les chiffres exacts en fonction du TP-1015.3 et du TD1 de votre employée.

Le calcul du RRQ : l’exemption de 3 500 $ est répartie sur l’année, ce qui donne 134,62 $ par période aux deux semaines (3 500 $ ÷ 26). Les gains admissibles de Sophie pour la période sont de 2 000 $ − 134,62 $ = 1 865,38 $. 6,30 % de ce montant donne 117,52 $. Son employeur verse 117,52 $ en RRQ, 12,04 $ en RQAP et 36,40 $ en AE comme cotisations patronales. Sophie coûte donc à l’entreprise environ 2 166 $ par période, sans compter le FSS et la prime CNESST, qui s’ajoutent selon votre masse salariale et votre secteur.

Appliquez la même logique pour chaque employé, à chaque période. WebRAS, le CDRP ou votre logiciel de paye s’occupent des arrondis et des tables. Ce que vous devez savoir comme propriétaire, c’est ce que chaque ligne représente et pourquoi elle est là.

Étape 6 : Payez vos employés et remettez le bulletin de paye

La paye nette, c’est la rémunération brute moins les retenues obligatoires (et moins les retenues facultatives que vous avez convenues : cotisation REER, prime d’assurance collective, cotisation syndicale).

La plupart des employeurs québécois paient par dépôt direct. La date de paye, c’est celle que vous avez établie comme norme (le vendredi qui suit la fin de la période, le jeudi matin, le 15 et le dernier jour du mois, etc.). Peu importe celle que vous choisissez, payez à temps, chaque fois. Les payes en retard sont la meilleure façon de perdre vos bons employés et, au Québec, une plainte rapide à la CNESST.

Chaque employé reçoit un bulletin de paye qui contient au moins les renseignements suivants :

  • Nom de l’employeur et période de paye
  • Heures travaillées, régulières et supplémentaires
  • Rémunération brute, ventilée par composante
  • Chaque retenue, détaillée séparément (RRQ, RQAP, AE, impôt fédéral, impôt du Québec, retenues facultatives)
  • Paye nette
  • Totaux cumulatifs depuis le début de l’année
  • Au Québec, la Loi sur les normes du travail oblige expressément l’employeur à remettre un bulletin de paye à chaque période. La version électronique est acceptée, à condition que l’employé puisse y accéder facilement et l’imprimer.
Gestionnaire qui regarde l'écran de son ordinateur portable

Préparer la paie ne devrait pas prendre des heures.

Agendrix relie horaires et feuilles de temps pour vous permettre de gérer la paie en quelques minutes.

En savoir plus

Étape 7 : Versez les retenues à Revenu Québec et à l’ARC selon votre fréquence assignée

Si vous manquez un versement d’une seule journée, l’ARC vous facture une pénalité de 3 %. Plus de sept jours, ça grimpe à 10 %, avec intérêts composés quotidiens par-dessus. Revenu Québec applique des règles similaires. Aucune des deux agences ne vous laisse vous asseoir sur les retenues que vous avez prélevées. Vous devez les verser selon une fréquence qu’elles vous assignent, en fonction de votre retenue mensuelle moyenne (RMM) des deux années civiles précédentes.

Côté Revenu Québec

Fréquence de versements Échéance
Trimestriel (retenues et cotisations de l’employeur inférieures à 1 000 $ par mois, dossier de conformité parfait) 15 avril, 15 juillet, 15 octobre, 15 janvier
Mensuel (RMM sous 25 000 $) Le 15 du mois suivant
Accéléré, seuil 1 (RMM de 25 000 $ à 99 999,99 $) Deux fois par mois (le 25 du mois courant, le 10 du mois suivant)
Accéléré, seuil 2 (RMM de 100 000 $ et plus) Dans les 3 jours ouvrables suivant le 7, le 14, le 21 et le dernier jour de chaque mois (pour la rémunération versée pendant chacune de ces périodes)
Hebdomadaire (sur demande, payes versées chaque semaine) 3e jour ouvrable suivant la fin de la période

 

À noter : le seuil trimestriel de Revenu Québec (1 000 $ par mois) est plus serré que celui de l’ARC (RMM sous 3 000 $). Pour bénéficier de la fréquence trimestrielle au Québec, vos retenues mensuelles totales doivent rester sous 1 000 $.

Côté ARC

Fréquence de versements Échéance
Trimestriel nouveau (1re année, retenues mensuelles sous 1 000 $, dossier parfait) 15 avril, 15 juillet, 15 octobre, 15 janvier
Trimestriel existant (RMM sous 3 000 $ au cours des deux années précédentes + dossier parfait) 15 avril, 15 juillet, 15 octobre, 15 janvier
Régulier (RMM sous 25 000 $) Le 15 du mois suivant
Accéléré, seuil 1 (RMM de 25 000 $ à 99 999,99 $) Deux fois par mois (le 25 du mois courant, le 10 du mois suivant)
Accéléré, seuil 2 (RMM de 100 000 $ et plus) Dans les 3 jours ouvrables suivant chaque date de paye

 

Revenu Québec et l’ARC vous avisent chaque automne de votre fréquence pour l’année suivante. Sans avis, c’est la fréquence mensuelle qui s’applique par défaut.

Le mode de paiement le plus simple : ajoutez « Revenu Québec – Retenues à la source » et « ARC – Retenues sur la paie » comme bénéficiaires dans vos services bancaires en ligne, avec vos numéros d’identification. Autres options : Mon dossier pour les entreprises (côté Québec), Mon paiement (côté ARC), débit préautorisé ou paiement en personne avec bordereau.

Les pénalités de retard ne sont pas symboliques. Côté ARC :

  • 3 % pour un retard de 1 à 3 jours
  • 5 % pour 4 à 5 jours
  • 7 % pour 6 à 7 jours
  • 10 % pour plus de 7 jours
  • 20 % pour une deuxième infraction dans la même année civile, si le défaut a été commis sciemment ou par négligence grave

Pour l’ARC, la pénalité s’applique généralement seulement à la partie du montant manqué qui dépasse 500 $. Cette tolérance ne joue pas si l’agence conclut que le défaut était volontaire ou résultait d’une négligence grossière : dans ce cas, la pénalité s’applique sur la totalité du montant. Des intérêts composés quotidiens s’ajoutent à la pénalité et chaque versement manqué est sanctionné séparément.

Côté Revenu Québec, les taux sont plus sévères dès le départ :

  • 7 % pour un retard de 1 à 7 jours
  • 11 % pour 8 à 14 jours
  • 15 % au-delà de 14 jours

Étape 8 : Les obligations de fin d’année (relevés 1, T4 et réconciliation)

Après le 31 décembre, vous avez jusqu’au dernier jour de février pour faire quatre choses :

  1. Produire un relevé 1 (RL-1) pour chaque employé qui a travaillé pour vous pendant l’année civile, qui résume sa rémunération brute, le RRQ, le RQAP et l’impôt du Québec retenus. L’employé l’utilise pour sa déclaration de revenus du Québec.
  2. Produire un T4 pour chaque employé, qui résume sa rémunération brute, l’AE et l’impôt fédéral retenus. L’employé l’utilise pour sa déclaration fédérale.
  3. Transmettre le sommaire 1 à Revenu Québec et le sommaire T4 à l’ARC, qui totalisent les relevés et les concilient avec ce que vous avez effectivement versé pendant l’année.
  4. Régulariser les écarts. Si vous avez trop versé pendant l’année, vous pouvez demander un remboursement. Si vous n’avez pas assez versé, vous payez la différence, avec intérêts.

Les relevés 1 et les T4 se transmettent en ligne, par les services de Revenu Québec et de l’ARC ou, plus simplement, par votre logiciel de paye, qui s’en occupe pour vous dans la plupart des cas.

Quelques obligations annuelles s’ajoutent à cela au Québec :

  • Cotisation au Fonds des services de santé (FSS). Vous la calculez sur votre masse salariale totale et la versez en même temps que vos retenues à la source. Les PME bénéficient d’un taux réduit selon leur masse salariale, jusqu’au seuil de 7,8 millions de dollars en 2026.
  • Cotisations à la CNESST. Vous produisez chaque année la Déclaration des salaires et payez la prime d’assurance contre les accidents du travail. Le taux moyen pour 2026 est de 1,54 $ par tranche de 100 $ de masse salariale; le taux qui s’applique à votre entreprise dépend de votre secteur d’activité.
  • Cotisation de l’employeur à un régime privé d’assurance maladie ou d’assurance collective. Si vous offrez à vos employés un régime d’assurance collective ou un régime privé d’assurance maladie (médicaments, dentaire, soins paramédicaux), la part que vous payez est un avantage imposable au Québec et doit être inscrite à la case J du relevé 1. (Cette cotisation ne doit pas être confondue avec le régime public d’assurance médicaments du Québec, qui est payé par les particuliers eux-mêmes au moment de leur déclaration de revenus annuelle.)
  • Loi sur les compétences (loi du 1 %). Si votre masse salariale annuelle dépasse 2 millions de dollars (seuil en vigueur depuis 2015), vous devez investir au moins 1 % de cette masse dans des activités de formation admissibles, ou verser le montant équivalent au Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre (FDRCMO). La déclaration se fait par le sommaire 1 transmis à Revenu Québec.

Quand un employé quitte : le relevé d’emploi

Quand un employé subit une interruption de rémunération (cessation d’emploi, mise à pied, congé parental, absence prolongée sans solde), vous devez produire un relevé d’emploi (RE) à Service Canada. C’est le document que l’employé utilise pour demander des prestations d’assurance-emploi ou, dans le cas d’un congé parental, des prestations du RQAP.

La quasi-totalité des employeurs produit aujourd’hui le RE par voie électronique via RE Web, qui est la méthode recommandée par Service Canada parce qu’elle est plus rapide et qu’elle réduit les erreurs de saisie. La plupart des logiciels de paye sont raccordés à RE Web.

Le délai dépend du mode de production :

  • RE électronique, pour une fréquence de paye hebdomadaire ou aux deux semaines : 5 jours civils après la fin de la période de paye où l’interruption est survenue.
  • RE papier : 5 jours civils à partir de l’interruption elle-même. Les RE en retard sont l’une des causes les plus fréquentes de plaintes contre les PME, parce qu’un RE retardé retarde la demande de prestations de l’ex-employé, qui n’hésitera pas à faire un suivi insistant.

Les pièges les plus courants pour les PME du Québec

Quelques erreurs que Revenu Québec et l’ARC voient revenir souvent :

  • Confondre employé et travailleur autonome. Les deux agences regardent la vraie nature de la relation, pas ce qui est écrit dans le contrat. Si c’est vous qui décidez comment, quand et où la personne travaille, c’est probablement un employé, peu importe la façon dont vous la payez. Piège propre au Québec : les critères provinciaux et fédéraux ne sont pas identiques, alors une même personne peut être jugée salariée d’un côté et autonome de l’autre.
  • Oublier les avantages imposables. Certains avantages que vous payez comptent comme du salaire. Au Québec, l’assurance maladie collective que vous payez pour vos employés en est un (alors qu’elle ne l’est pas au fédéral) et c’est l’oubli le plus fréquent. Même chose pour l’usage personnel d’un véhicule de l’entreprise et la plupart des cartes-cadeaux. Si vous les oubliez, vos relevés 1 et T4 seront faussés.
  • Se tromper de province pour l’impôt. C’est la province où l’employé se présente au travail qui détermine l’impôt provincial. Pas où il habite, ni où se trouve votre siège social.
  • Franchir un seuil de versement sans le voir. Plus vous avez d’employés, plus le total des retenues que vous remettez grimpe. En passant d’une trentaine à une soixantaine d’employés, par exemple, vous pouvez basculer dans une catégorie où il faut verser plus souvent qu’une fois par mois aux gouvernements. L’agence vous en avise par écrit, mais si vous manquez l’avis, vous le découvrez parfois trop tard.
  • Produire le relevé d’emploi (RE) en retard. Pour un RE électronique (la majorité), vous avez 5 jours après la fin de la période de paye où l’interruption a eu lieu, pas 5 jours après le départ de l’employé. Un RE en retard bloque la demande d’assurance-emploi de l’ex-employé et ça génère une plainte à Service Canada très vite.
  • Négliger les données en amont. Des feuilles de temps approximatives et des heures supplémentaires gérées à la va-vite donnent une rémunération brute fausse, donc des retenues fausses, donc des relevés 1 et T4 faux.

Une paye bien gérée est invisible

Dans une PME où la paye roule bien, il n’y a pas d’histoire. Les heures rentrent sans accroc. Les retenues se calculent toutes seules. Les employés sont payés à temps. Revenu Québec et l’ARC reçoivent leur versement le 15. Et en fin d’année, les relevés 1 et les T4 concordent au cent près avec ce que vous avez versé.

Rien de tout ça n’exige un directeur financier ni un spécialiste de la paye. Ça tient à trois choses : bien monter votre système au départ, garder un œil sur les échéances et avoir des outils qui transmettent l’information au lieu de tout vous faire faire manuellement.

Interface d'un logiciel de planification d'horaires

On vous donne
21 jours d’Agendrix.

Prendrez-vous 5 minutes pour essayer notre app de gestion d’employés?

Essayer gratuitement
Résumer avec
ChatGPT
Claude
Grok
Perplexity
Réponses à vos questions.

Comment gérer la paye au Québec pour la première fois?

Pour gérer la paye au Québec pour la première fois, ouvrez un compte de retenues à la source auprès de Revenu Québec et un compte de paye (RP) auprès de l’ARC. Recueillez le numéro d’assurance sociale ainsi que les formulaires TP-1015.3 et TD1 signés de chaque employé, fixez une fréquence de paye et choisissez WebRAS (Revenu Québec), le CDRP (ARC) ou un logiciel de paye canadien pour calculer les retenues.

À chaque période, calculez la rémunération brute, prélevez le RRQ, le RQAP, l’AE et l’impôt, payez le net à l’employé, remettez le bulletin de paye, puis versez les retenues à Revenu Québec et à l’ARC selon les fréquences que les deux agences vous ont assignées.

Quelles sont les retenues obligatoires sur la paye au Québec en 2026?

Au Québec, cinq retenues sont obligatoires sur chaque paye : le Régime de rentes du Québec (RRQ), le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP), l’assurance-emploi (AE), l’impôt fédéral et l’impôt provincial.

En 2026, le taux RRQ employé est de 6,30 % sur les gains entre 3 500 $ et 74 600 $, avec une 2e cotisation supplémentaire de 4,00 % entre 74 600 $ et 85 000 $.

Le taux RQAP employé est de 0,430 % sur les revenus assurables jusqu’à 103 000 $. Le taux d’AE pour un employé travaillant au Québec est de 1,30 % jusqu’à 68 900 $, un taux réduit parce que le RQAP couvre déjà la maternité et le parental.

À quelle fréquence dois-je verser les retenues à Revenu Québec et à l'ARC?

Votre fréquence de versement est fixée selon votre retenue mensuelle moyenne (RMM) des deux années civiles précédentes. La majorité des PME dont la RMM est inférieure à 25 000 $ sont des remettants mensuels et doivent payer au plus tard le 15 du mois suivant celui où les retenues ont été prélevées.

Côté Revenu Québec, vous pouvez demander la fréquence trimestrielle si vos retenues et cotisations de l’employeur sont inférieures à 1 000 $ par mois et que votre dossier de conformité est parfait. Côté ARC, le seuil trimestriel est plus large : RMM inférieure à 3 000 $ sur les deux années précédentes, avec un dossier parfait. Les plus gros employeurs passent à une fréquence bimensuelle ou quasi-quotidienne.

Quelle est la pénalité pour une remise tardive de retenues sur la paye en 2026?

L’ARC impose une pénalité de 3 % pour un retard de 1 à 3 jours, de 5 % pour 4 à 5 jours, de 7 % pour 6 à 7 jours et de 10 % pour plus de 7 jours. Une deuxième infraction dans la même année civile peut être assortie d’une pénalité de 20 % si le défaut a été commis sciemment ou par négligence grave.

Revenu Québec applique sa propre grille, plus sévère dès le départ : 7 % pour 1 à 7 jours, 11 % pour 8 à 14 jours et 15 % au-delà. Des intérêts composés quotidiens s’ajoutent à la pénalité et chaque versement manqué est sanctionné séparément.

Quand les relevés 1 et les T4 sont-ils dus au Québec?

Les relevés 1 doivent être remis aux employés et transmis à Revenu Québec au plus tard le dernier jour de février qui suit l’année civile visée. Les T4 doivent être remis aux employés et transmis à l’ARC dans le même délai. Le sommaire 1 (Revenu Québec) et le sommaire T4 (ARC) sont dus en même temps.

La transmission par Internet est obligatoire dès que vous produisez 6 relevés 1 ou plus et dès que vous produisez 6 T4 ou plus en 2026.

Qu'est-ce qu'un relevé d'emploi (RE) et quand dois-je le produire?

Le relevé d’emploi (RE) est le document que l’employeur produit à Service Canada chaque fois qu’un employé subit une interruption de rémunération : cessation d’emploi, mise à pied, absence sans solde, congé parental, congé prolongé. Pour un RE électronique (la majorité des cas, via RE Web), la règle générale est de le produire dans les 5 jours civils qui suivent la fin de la période de paye où l’interruption est survenue.

L’ex-employé utilise le RE pour demander des prestations d’assurance-emploi ou, pour un congé de maternité ou parental, des prestations du RQAP. Un RE en retard retarde sa demande, ce qui en fait l’une des plaintes les plus fréquentes que reçoit Service Canada contre les PME.

Combien de temps dois-je conserver mes dossiers de paye au Québec?

Revenu Québec et l’ARC peuvent demander vos dossiers de paye jusqu’à six ans à partir de la fin de l’année d’imposition visée. Les pièces obligatoires incluent les données de temps et de présence, les bulletins de paye, les formulaires TP-1015.3 et TD1 signés, les relevés 1, les T4, les sommaires, les RE et les preuves de versements. « On a changé de logiciel » n’est pas une défense acceptée lors d’une vérification, alors exportez et archivez vos dossiers avant tout changement de fournisseur.

View 3 other question
Homme qui regarde son téléphone mobile
Homme qui regarde son téléphone mobile

Découvrez Agendrix. Gérez mieux.

Jusqu'à 21 jours d’essai gratuit. Aucune carte de crédit requise.