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Gestion de personnel

L’outil secret des meilleurs managers : l’intelligence émotionnelle

Par Andrée-Anne Blais-Auclair 8 décembre 2020

On dit que deux tiers des résultats d’une société sont liés aux compétences émotionnelles de ceux qui la dirigent.


Un manager qui manque d'intelligence émotionnelle peut nuire à la santé de toute son organisation. Difficultés à s’adapter au changement, conflits mal gérés, moral et motivation de l’équipe en baisse sont tant de conséquences néfastes de cette lacune.

« L’intelligence émotionnelle est ce qui nous permet d’utiliser intelligemment nos émotions, pour mieux gérer nos pensées et nos comportements, afin d’obtenir les résultats voulus. »

Le manager qui fait preuve d’une grande intelligence émotionnelle sera maître dans l’art de motiver et d’influencer positivement son équipe. Les relations avec ses salariés seront plus harmonieuses et authentiques, et la communication, plus efficace. Quoi demander de plus?

Voici les quatre compétences qui découlent de l’intelligence émotionnelle, que nous décortiquerons ici :

  • Conscience de soi
  • Maîtrise de soi
  • Empathie
  • Compétence sociale

Managers, laissez votre égo à la maison!

Pour bien vivre ses relations avec autrui, il est impératif de savoir gérer son propre vécu. Pour le maîtriser, être conscient de ce qu’on ressent s’impose. On parle ici de conscience de soi.

Le patron, ami de tous?

En meeting, un salarié a-t-il déjà remis en doute vos choix de gestion devant le reste de l’équipe? Évidemment, ce comportement a le pouvoir de nuire à votre crédibilité. Difficile de ne pas le prendre personnel, puisqu’on souhaite bien paraître.

En tant que gestionnaire, vous devez être conscient d’une chose : il est impossible d’être aimé ou de toujours avoir l’approbation de tous. Si vous acceptez cette réalité, c’est que vous êtes conscient que ça ne remet pas en question votre valeur individuelle ou professionnelle.

La confiance en soi : arme de persuasion massive

Un ami manager m’a déjà confié qu’il avait un employé brillant, mais arrogant à souhait. En rencontre d’équipe, ce dernier lui lançait souvent que son plan de match ne fonctionnerait pas. Il allait même jusqu’à dire que ses idées n’avaient pas d’allure.

Plutôt que de le prendre mal et de lui rappeler où était sa place, le gestionnaire ne se laissait pas déranger.

Ce dernier dansait plutôt avec lui : « Écoute Stéphane, je suis intéressé à connaître ton expérience sur la question, souhaites-tu agrémenter la stratégie de nouvelles idées? » 

De cette façon, le reste de l’équipe sentait la solidité du manager en plus de témoigner de son aisance et de son ouverture à la critique. 

Très astucieux à mon avis… quoique difficile! Ce genre d’attitude démontre un grand travail sur soi, impossible sans cette fameuse conscience de soi.

💡 L’univers du travail et le rôle de gestionnaire sont parsemés de moments de doute et de variations d’émotions. Acceptez vos émotions et tentez de comprendre d'où elles viennent pour mieux les désamorcer. Apprenez à solidifier votre confiance en vous et à être à l’écoute de ce qui l’ébranle.

L’impulsivité, le grand ennemi du bon manager 

La maîtrise (ou gestion) de soi, c’est la capacité à gérer ses émotions et à contrôler ses impulsions. En d’autres mots, c’est la capacité d’agir de manière responsable et réfléchie.

J’ai déjà eu un patron qui était à la fois brillant, charismatique et aimé de tous… sauf quand il vivait du stress. Il s’est déjà adressé à toute l’équipe en utilisant des mots agressifs, sur un ton agressif. Il nous avait ensuite convoqués en meeting quelques heures plus tard. L’ordre du jour? TOUT changer! 😛  Peu de temps après, il se rétractait, au gré de ses émotions qui s’atténuaient.

Évidemment, ce genre de situation mine la crédibilité et brise la confiance d’une équipe envers son patron. Une personne qui perd le contrôle d’elle-même ne peut tout simplement pas inspirer un sentiment de sécurité au sein de son équipe.

« Celui qui ne peut pas se gérer soi-même ne peut gérer personne. »

À l’opposé, un patron bienveillant pourrait nommer qu’il traverse une période plus occupée qui lui fait vivre du stress. Il pourrait expliquer qu’il sera moins disponible, professionnellement et émotionnellement, dans les jours qui suivent. Ainsi, ça lui donnerait le recul nécessaire pour retrouver un état de disponibilité. Ça éviterait aussi qu’il soit bombardé d’autres demandes et qu’il craque sous la pression. 

💡 Les personnes qui savent s’autoréguler, c’est-à-dire qui gèrent elles-mêmes les émotions qu’elles vivent, sont capables d’attendre que leurs émotions diminuent en intensité avant d’agir. Prenez l’habitude de prendre du recul avant de parler ou de prendre des décisions, surtout si vous vivez une période plus difficile. Prenez la distance nécessaire pour agir sous le chapeau de la raison.

L’empathie, force centrale du gestionnaire

L’empathie est la capacité de considérer les autres avec sensibilité et compréhension. Cette compétence est utile dans tous les types d’interactions que vous aurez avec votre équipe et est essentielle à la résolution des conflits.

Des études démontrent que 99 % des salariés milléniaux croient que la rétroaction est nécessaire et se disent déçus de ne pas avoir suffisamment de discussions transparentes avec leur patron. Ça parle, non?

J’ai travaillé dans un commerce dont le gérant profitait des rencontres d’équipe hebdomadaires pour lister des irritants sans subtilité. Sans nommer, on savait toujours de qui il parlait. Il va sans dire que ce genre de comportement créait une ambiance très toxique. Le gestionnaire avisé aurait plutôt pu convoquer en rencontre individuelle les personnes concernées, évitant ainsi un malaise général et démontrant aux salariés en question qu’il les considérait.

Embrasser la différence 

L’une des grandes erreurs du gestionnaire est d’entretenir la fausse croyance que tous pensent et sont comme lui.

Vous faire imposer un changement d’horaire à la dernière minute ne vous dérangerait pas? Ne tenez pas pour acquis que votre employé ressent la même chose. Demandez-lui ce qu’il en pense afin de mieux comprendre sa réalité.

Chaque personne est différente. Chaque personne a des besoins uniques qui valent d’être considérés et des limites qui doivent être respectées. 

💡 L’empathie vous permettra d’échanger avec vos salariés et de faire en sorte qu’ils se sentent à la fois bien accueillis, entendus et considérés. Si vous vous surprenez à ramener tout à vous, prenez l’habitude de vous rappeler que tous vos employés sont différents et que toutes les différences se valent. Intéressez-vous à votre équipe, et posez-leur des questions pour réellement comprendre leur réalité.

Le meilleur manager est d’abord le meilleur équipier

La compétence sociale inclut la sociabilité, l’aptitude à travailler en équipe et la capacité à gérer les conflits par la collaboration. Les personnes qui ont de fortes aptitudes sociales sont généralement bien appréciées. Qui n’aime pas discuter ou collaborer avec une personne facile d’approche, accessible, empathique et soucieuse des autres?

Dans un autre travail (encore!), deux collègues étaient entrées en conflit. Alors que l’une des deux souhaitait laisser retomber la poussière avant de parler à l’autre, elle a reçu un courriel du gestionnaire en poste. Ce gérant avait fait preuve d’un grand manque de distance. Non seulement il se positionnait dans le conflit en disant expressément qu’il prenait parti pour l’une des deux, mais en plus, il le faisait à l’écrit, avec les deux employées en copie conforme. Nul besoin de vous dire que sa conduite dénotait d’importantes lacunes en résolution de conflit.

💡 En tant que gestionnaire, votre compétence sociale prime. Il s’agit là de la clé de voûte de votre crédibilité. Voyez les conflits comme une occasion d’apprentissage. Malgré votre envie de mettre fin à un conflit le plus rapidement possible, favorisez la collaboration par l’écoute et l’échange plutôt que de diviser les parties en prenant position. Finalement, soyez un joueur d’équipe, rassembleur et positif.

Travailler sur soi pour mieux travailler avec les autres

Vous connaissez peut-être l’expression suivante? Ce sont les gestionnaires que les salariés quittent, et non les sociétés. Tenez-vous-le pour dit, l’intelligence émotionnelle est LA chose à développer pour devenir un gestionnaire qui aura du succès. C’est ce qui vous permettra de prendre de meilleures décisions, à tête reposée. Ce qui fera de vous un véritable modèle pour le reste de votre équipe.


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