Clopening (ou fermeture-ouverture) : pourquoi imposer ce type de quart épuise vos employés
Points clés
- Le clopening, c’est enchaîner un quart de fermeture et celui d’ouverture du lendemain avec très peu d’heures de repos entre les deux.
- Imposé, il fatigue vos équipes : manque de sommeil, risques accrus d’erreurs et d’accidents, démotivation, roulement.
- Il n’est pas illégal en soi au Québec, mais les règles de repos qui l’encadrent dépendent du régime applicable (provincial ou fédéral) et des conventions collectives.
- Un logiciel de gestion d’horaires vous alerte quand deux quarts sont trop rapprochés, avant même de publier l’horaire.
Fermer le commerce à 23 h, puis rouvrir à 5 h le lendemain. Entre les deux, à peine le temps de dormir. C’est ça, un clopening. Cette pratique est courante dans les commerces et les restaurants, et elle épuise vos employés plus vite que vous ne le pensez. Mais est-elle toujours à éviter? Pas nécessairement.
Le clopening, c’est quoi au juste?
Un clopening, c’est un quart de fermeture suivi directement d’un quart d’ouverture, avec très peu de repos entre les deux. Le mot vient d’une contraction des termes anglais « closing » (fermeture) et « opening » (ouverture).
Un exemple concret. Maude ferme le café où elle travaille à 22 h le mardi. Le lendemain, elle doit ouvrir à 6 h. Entre la fin de son quart, le trajet de retour, le coucher et le réveil, il lui reste à peine cinq heures pour dormir. Elle enchaîne pourtant les deux quarts.
Le clopening se retrouve surtout dans les milieux à horaires variables :
- 🍽️ Restaurants et bars
- 🛍️ Commerces de détail et dépanneurs
- 🏥 Santé et résidences pour aînés
- ⛽ Stations-service et commerces ouverts tard
Dès qu’une entreprise ferme tard et rouvre tôt, ou fonctionne presque en continu, le risque de planifier des clopenings augmente.
Pourquoi les gestionnaires planifient des clopenings
Rares sont les gestionnaires qui imposent un clopening par mauvaise volonté. La plupart du temps, ce sont les circonstances qui l’imposent. Voici les raisons les plus fréquentes.
Le manque de personnel. Avec une petite équipe, les mêmes personnes doivent couvrir la fermeture et l’ouverture. Quand quelqu’un manque à l’appel, le clopening devient souvent la solution de dépannage.
Peu d’employés formés pour ouvrir et fermer. Ouvrir une caisse, faire un dépôt, lancer la cuisine : ces tâches demandent souvent une formation ou un niveau d’expérience et d’aisance que tous n’ont pas. Résultat, elles retombent sur un petit noyau d’employés, à répétition.
La planification des horaires à la main. Quand l’horaire se construit dans un fichier Excel ou sur papier, un quart de fermeture suivi d’une ouverture passe facilement inaperçu. L’erreur n’est vue qu’une fois l’horaire publié, parfois par l’employé lui-même.
Les effets du clopening imposé sur vos employés
Le problème n’est pas le quart en soi, c’est le manque de repos qui l’accompagne. Quand une personne enchaîne fermeture et ouverture, elle n’a que quelques heures pour se reposer avant de recommencer. Et les conséquences suivent.
La recherche sur les intervalles courts entre deux quarts, soit moins de 11 heures entre deux quarts) est éclairante sur ce point. Menée surtout en milieu hospitalier, elle associe ces intervalles courts à un sommeil moins récupérateur, à une somnolence accrue au travail et à un risque de blessure plus élevé qu’avec un intervalle de repos normal. Le contexte d’un commerce ou d’un restaurant n’est pas identique à celui d’un hôpital, mais le mécanisme de fond reste le même : moins de repos, plus de fatigue, plus de risques.
Le vrai problème du clopening n’est jamais le fait d’enchaîner deux quarts consécutifs. C’est le manque de repos que subit l’employé qui l’est.
Pour les employés qui ont des responsabilités familiales, un clopening complique aussi la garde des enfants et la logistique du quotidien. La fatigue s’ajoute à la pression et le lien avec l’employeur s’effrite.
Un coût qui finit par retomber sur l’entreprise
La fatigue ne reste pas du côté de l’employé. Un clopening imposé à répétition finit par coûter cher à l’entreprise elle-même. Un employé épuisé sert moins bien, fait plus d’erreurs et quand c’en est trop, il finit par partir.
Imposer des horaires éprouvants, c’est pousser vos meilleures personnes vers la sortie, pour ensuite dépenser afin de recruter et former leurs remplaçants. Le clopening imposé donne l’impression d’économiser sur la main-d’œuvre à court terme, alors qu’il alimente une dépense bien plus lourde : le roulement de personnel.
Est-ce que le clopening est légal au Québec?
Question directe, réponse nuancée. Le clopening n’est pas interdit comme tel : aucune loi ne nomme cette pratique pour la bannir. Ce qui l’encadre, ce sont les règles sur le temps de repos et elles varient selon la situation de votre entreprise.
Au Québec, la Loi sur les normes du travail prévoit surtout un repos hebdomadaire d’au moins 32 heures consécutives par semaine et une pause-repas de 30 minutes après cinq heures de travail. Les règles applicables au temps de repos entre deux quarts de travail, elles, peuvent dépendre du régime dont relève votre entreprise (provincial ou fédéral) et des conventions collectives en vigueur. Certaines provinces, comme l’Ontario, imposent aussi un repos quotidien minimal (au moins 11 heures consécutives par jour), ce qui n’est pas le cas partout de la même façon.
Pour y voir clair sur ce que vous devez respecter, consultez les règles entourant les pauses au travail au Québec.
Est-ce que le clopening est toujours une mauvaise pratique?
Ici, je vais être honnête avec vous, parce que mon expérience nuance le portrait habituel.
Dans deux de mes emplois étudiants, il m’est arrivé de faire des clopenings. Ce n’était pas toujours agréable, évidemment. Mais à certains moments, j’y voyais une forme de flexibilité. Concentrer mes heures d’un coup me permettait de « passer à travers » ma semaine plus vite et de libérer des journées complètes ensuite pour me concentrer sur les études. Il y avait même un côté pratique : en fermant puis en ouvrant, je retrouvais mon poste de travail exactement comme je l’avais laissé, propre et prêt à repartir.
Ce que ça m’a appris, c’est que le clopening n’est pas mauvais en soi. Ce qui pose problème, c’est l’imposition et le manque de repos. Un employé à qui on impose un clopening surprise ou à répétition, sans égard à sa fatigue, subit la pire version de la pratique.
Un clopening imposé, c’est un problème d’horaire. Un clopening choisi, avec un repos suffisant entre les deux blocs, c’est de la flexibilité. La différence tient à deux choses : le choix et le repos.
Certains employés, selon leur réalité, pourraient même préférer ce genre d’horaire. L’important, c’est de leur demander plutôt que de décider à leur place et de vous assurer que le repos reste suffisant dans tous les cas. Pourquoi ne pas leur poser la question via un sondage dans Agendrix pour connaître leur avis? 😎
Comment éviter (ou mieux encadrer) les clopenings
Bonne nouvelle : quelques réflexes suffisent à sortir la plupart des clopenings de vos horaires, ou à les baliser quand ils sont voulus.
Demandez l’avis de votre équipe, une fois par saison. Certains détestent les clopenings, d’autres préfèrent concentrer leurs heures pour libérer des journées. Posez la question directement, idéalement quand vous ajustez les horaires-types (rentrée, période des fêtes, été). Notez qui accepte ce genre de quart et qui les refuse, et gardez cette liste sous la main au moment de planifier.
Publiez les horaires deux à trois semaines d’avance. Plus l’horaire sort tôt, plus vos employés ont le temps de s’organiser et d’échanger un quart entre eux avant que le problème ne retombe sur vous. Un clopening repéré deux semaines d’avance se règle par un simple échange.
Formez au moins deux personnes de plus à ouvrir et à fermer. C’est le vrai cœur du problème : quand seulement deux ou trois employés savent lancer la journée ou faire le dépôt de fin de soirée, le clopening devient mathématiquement inévitable, pour vous y compris. Élargir ce cercle, même d’une ou deux personnes, élimine la contrainte à la source.
Laissez un outil surveiller les intervalles pour vous. C’est souvent là que la planification manuelle flanche : personne ne calcule de tête l’écart entre un quart qui finit à 23 h et un autre qui commence à 5 h. Un logiciel de gestion d’horaires comme Agendrix vous permet de définir un temps de repos minimum entre deux quarts, par exemple huit heures. Dès que vous tentez de publier un horaire où deux quarts sont trop rapprochés pour un même employé, l’outil vous avertit, avant que l’erreur ne parte à toute l’équipe. Vous gardez le contrôle, sans jouer au détective.
Le but n’est pas de bannir chaque clopening par principe, mais de vous assurer qu’aucun ne se glisse dans l’horaire sans que vous l’ayez vu et voulu.
Le bon quart, au bon moment, pour la bonne personne
Le clopening n’est pas une pratique à proscrire d’emblée. C’est un signal. Quand il s’impose dans vos horaires, il révèle souvent un manque de personnel, un manque de formation ou un outil de planification des horaires qui ne suit pas. Réglez ça et la question du clopening se pose autrement : non plus « comment l’imposer », mais « qui, dans mon équipe, y trouverait son compte ». C’est une bien meilleure question à se poser.
C'est quoi un clopening (ou clopening shift)?
Un clopening est un quart de fermeture suivi directement d’un quart d’ouverture, avec très peu de repos entre les deux, parfois moins de cinq heures. Le terme vient de la contraction anglaise de « closing » et « opening ».
Est-ce que le clopening est illégal au Québec?
Le clopening n’est pas interdit comme tel. Ce sont les règles sur le temps de repos qui l’encadrent et elles dépendent du régime applicable à votre entreprise (provincial ou fédéral) et des conventions collectives. En cas de doute, référez-vous à la CNESST ou à un professionnel des normes du travail.
Combien d'heures de repos doit-il y avoir entre deux quarts de travail?
Cela dépend de votre situation. Au Québec, la Loi sur les normes du travail prévoit surtout un repos hebdomadaire de 32 heures consécutives. Les règles sur le repos entre deux quarts successifs peuvent varier selon le régime applicable et les conventions collectives.
Pourquoi les employés détestent-ils les clopenings?
Parce qu’un clopening imposé ampute leur nuit de sommeil. Le manque de repos entraîne fatigue, erreurs, démotivation et complique la vie personnelle, surtout pour ceux qui ont des responsabilités familiales.
Le clopening est-il toujours une mauvaise chose?
Non. Le problème vient de l’imposition et du manque de repos, pas du bloc de deux quarts consécutifs lui-même. Certains employés préfèrent concentrer leurs heures pour libérer des journées. La clé, c’est que le quart soit choisi et non imposé, avec un repos suffisant.
Comment éviter de planifier des clopenings par accident?
Demandez les préférences de votre équipe, publiez les horaires à l’avance, formez plus de gens à ouvrir et à fermer et utilisez un logiciel de gestion d’horaires qui vous alerte quand deux quarts sont trop rapprochés pour un même employé.

